Les Grands thermes, témoins d’une histoire thermale passionnante à Châtel-Guyon
Le bâtiment
A découvrir :
– lors des visites guidées proposées par le Pays d’Art et d’Histoire les 11, 25 juillet et les 8, 22 août 2026, sur inscription au 04 73 38 99 94
– pendant les visites libres gratuites avec l’Association Patrimoine et Renouveau les dimanches 5, 12, 19, 26 juillet et les 2, 9, 16, 23, 30 août entre 16h et 19h
Un joyau architectural à redécouvrir et réinventer


Un emblème de l’histoire fascinante du thermalisme à Châtel-Guyon
Construits à partir de 1904 sur l’emplacement des anciens Thermes Brosson, les Grands Thermes de Châtel-Guyon incarnent toute la grandeur du thermalisme du début du XXe. Monument emblématique de la station, cet édifice impressionnant a été conçu pour accueillir curistes, visiteurs et prescripteurs médicaux. Son architecture marie inspirations antiques et innovations techniques.
Zoom sur le grand hall, un espace spectaculaire
Véritable cathédrale thermale, le hall d’accueil s’élève sous une voûte en berceau à caissons, haute de 9 mètres, ornée de rosaces et de stucs crème. Le sol en mosaïque évoque un tapis d’Orient. Deux escaliers symétriques en fer à cheval, bordés de colonnes en marbre, mènent aux galeries de première et de seconde classes.
Le pavillon central, dominé par une imposante façade en pierre de Villebois, servait d’espace d’accueil. Il se distingue par son entrée à colonnes monolithiques et sa large frise en pierre sculptée ; mais également par ses matériaux nobles comme le marbre de Sienne, la pierre claire ou les faïences émaillées.


Une construction unique en son genre
Les Grands Thermes s’organisent autour d’un atrium central, conçu comme un jardin intérieur, desservi par des galeries vitrées. Cette cour intérieure a une superficie de 300 m2. Une verrière avait été installée en 1965 pour la couvrir. Le bâtiment principal se compose de quatre ailes abritant à l’origine les cabines de soins, les espaces administratifs et les circulations. L’aile droite était réservée aux hommes, la gauche aux femmes.
Retenus à la « Mission Patrimoine » de Stéphane Bern !
En avril 2026, la candidature de Châtel-Guyon pour la sauvegarde des Grands thermes a été sélectionnée au titre des projets emblématiques, avec 17 autres projets à travers la France (le seul en Auvergne-Rhône-Alpes !)
Il s’agit d’un formidable levier pour la renaissance de ce lieu exceptionnel, grâce à la visibilité apportée par la Mission Patrimoine et l’animateur-vedette Stéphane Bern, à l’appel au mécénat et à la dotation (d’un montant encore inconnu) qui sera reversée pour sa préservation.
Portée par la Fondation du Patrimoine, une collecte de dons ouverte à tous est lancée à partir du mois de juillet pour aider au financement des travaux nécessaires à leur sauvetage : chacun, particuliers et entreprises, pourra apporter son soutien financier au projet via le site de la Fondation du Patrimoine. Les dons sont sécurisés et déductibles fiscalement.
Ce chantier coûteux (1,3 million d’euros estimés pour les travaux de toiture), en plus de sauver l’édifice, permettrait notamment une réouverture plus large aux visites (elles se limitent actuellement au hall d’entrée, car le toit du patio et les verrières représentent un danger pour les visiteurs.) Leur réhabilitation constitue un enjeu patrimonial, touristique et identitaire majeur pour la ville et l’ensemble du territoire.

L’histoire des cures thermales à Châtel-Guyon
Pour tout connaître de l’histoire des sources et des thermes à Châtel-Guyon, suivez chaque semaine un nouvel épisode de la série « Retour aux sources » !
Image d’archive animée par Intelligence Artificielle
Episode 1 : Découverte des premières sources

Les premières sources de Châtel-Guyon ont été découvertes dans les années 1760 proches du ruisseau du Sardon. Gargouilloux et La Vernière ont été les premières recensées et l’inspecteur des Eaux, Raulin, constate leur forte teneur en sel de magnésium et leur propriété laxative. Ceci apporte un double intérêt avec des actions utiles et efficaces sur l’appareil digestif et rhumatologique.
Le premier rapport officiel sur les sources de Châtel-Guyon a été rédigé en 1771. 69 ans plus tard, en 1840, la commune de Châtel-Guyon a décidé de privatiser l’exploitation de ces sources à la seule et unique condition de construire un établissement thermal digne de ce nom.
Celui-ci doit être amélioré par rapport au premier bâti en 1817, dont l’exploitation périclite rapidement. La source La Vernière se voit attribuer son nom au premier établissement construit par Barse, un pharmacien. Parallèlement, en concurrence avec le pharmacien Barse, les frères Brosson comptent eux aussi construire leur propre établissement thermal, mais ce projet est délaissé.



Episode 2 : Les Thermes Brosson


Le projet de construction des frères Brosson a été repris des années plus tard, en 1858, par un de leurs héritiers, Camille Brosson. Construit sur la rive Sud du Sardon, contre la pente du Mont Chalusset à l’endroit le plus large du domaine thermal, Camille Brosson édifie le premier établissement thermal digne de ce nom, en utilisant de la pierre de Volvic. L’établissement est constitué d’un rez-de-chaussée comportant huit baignoires, deux piscines, une pour les hommes et une pour les femmes, qui ont été remplacées en 1891 par des cabines de bains, l’étage était consacré aux bureaux et à l’administration.
Camille Brosson ne se contente pas d’un établissement thermal mais décide également d’aménager le parc avec des allées ombragées, un pont qui enjambe le ruisseau, encourage la création d’hôtels à proximité des Thermes, améliore la liaison avec Riom grâce à la mise en service de la gare datant de 1855. L’inauguration de l’établissement Brosson a lieu en 1858. Il restera jusqu’en 1886 le seul établissement de bains de Châtel-Guyon.





Cet établissement thermal participe à la transformation de Châtel-Guyon en station thermale reconnue puisque à la fin du XIXe siècle, la ville attire une clientèle aisée et mondaine qui fait de la station une concurrente des grandes villes d’eaux françaises. Le quartier thermal actuel garde encore cette mémoire avec la Place Brosson qui porte le nom des exploitants historiques avec le parc thermal et les Grands Thermes qui sont implantés sur cet ancien noyau thermal.
Les Thermes Brosson disparaissent progressivement lorsque la Société des Eaux Minérales décide d’ériger un établissement beaucoup plus ambitieux. Ils sont alors remplacés par les Grands Thermes en 1904, dotés d’une architecture monumentaliste inspirée de l’art roman auvergnat, avec des décors luxueux en mosaïques, marbres et faïences.

Episode 3 : Les Grands Thermes


Inauguré en 1906 sur l’emplacement des anciens Thermes Brosson, les Grands Thermes sont une œuvre de Benjamin Chaussemiche. Le but est alors de séduire une nouvelle clientèle de curistes. L’architecte décide de s’attarder longuement sur la façade principale afin d’attirer l’œil des touristes, photographes, guides touristiques et plus particulièrement des curistes.


La construction essentiellement faite à partir de pierre de Villebois, a la forme d’un quadrilatère de 48 mètres sur 33. Chaussemiche entreprend de construire quatre grandes ailes, disposées autour d’un atrium, jardin intérieur à ciel ouvert de 300 m2 (la verrière qui l’a couvert ensuite a été ajoutée en 1965). La circulation se fait via différentes galeries. L’architecte s’est inspiré de l’architecture antique rappelée par les colonnes et les corniches brisées.
Le pavillon principal correspond alors à un espace d’accueil, et les ailes à des espaces de soins avec les cabines.


L’élément le plus spectaculaire mis en place par Chaussemiche est le Grand Hall d’une hauteur de 9 mètres, véritable cathédrale thermale soutenue par douze colonnes corinthiennes à fût en marbre rouge antique et couverte d’une voûte en berceau à caissons ornés de rosaces.

L’inauguration des Grands Thermes a lieu 3 ans plus tard le 21 juillet 1906 sous le patronage du ministre de la Guerre, Eugène Etienne, accompagné par Oswald Durnant et Etienne Clémentel. Monument prestigieux, il incarne véritablement un âge d’or du thermalisme auvergnat, pour des curistes qui viennent se soigner dans un milieu luxueux.
Image d’archive animée par Intelligence Artificielle
En 1990, l’édifice est inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.
Les Grands thermes sont désaffectés depuis 2004.
La construction des Grands Thermes en photos prises par l’architecte Benjamin Chaussemiche :






Episode 4 : Les personnalités venues à Châtel-Guyon
Châtel-Guyon est longtemps une station fréquentée par de nombreuses célébrités.
En 1883, c’est Guy de Maupassant effectue sa première cure au Splendid, luxueux hôtel de la ville. Patient du docteur Baraduc, il vient pour soigner ses intenses douleurs gastriques, dues à une syphilis.


Il est l’un des premiers à tester le nouveau traitement par le lavage d’estomac, qualifié de véritable supplice de l’eau dû à l’utilisation d’une sonde rigide introduite jusque dans l’estomac. Néanmoins, il revient à plusieurs reprises, ce qui prouve les bienfaits des cures et prend le temps de découvrir la région.

Des suites de ses nombreuses visites, Maupassant publie en 1887, son roman Mont Oriol, une œuvre sarcastique qui tourne en dérision les médecins et les malades.
Joséphine Baker connue pour ses talents de chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue et résistante française d’origine américaine, est venue à Châtel-Guyon avec incarnant la soif de vivre dans l’entre-deux guerres, la paix et l’indépendance des femmes.



Diner au Splendid Hôtel
C’est une époque avec une clientèle cosmopolite et fortunée, la ville accueille en 1935 un des principaux princes indiens, le Maharadja de Patiala. Des hommes d’Etat ont également été hôtes de la commune, tels que le Président tunisien Bourguiba ou le Président palestinien Abbas, ainsi que de nombreux militaires comme les Généraux Massu et Salan, venus lutter contre une maladie coloniale qui déclenche de sévères colites.



Dans le domaine du cyclisme, Châtel-Guyon a accueilli le célèbre triple champion du Tour de France, Louison Bobet, qui a séjourné, au cours de sa carrière, au Splendid Hôtel dans les années 1968-1969, tout en profitant des richesses des eaux thermales châtelguyonnaises.


Entre 1963 et 1986, pendant 23 ans, la fréquentation est à son paroxysme avec la venue de nombreux curistes. On en compte alors près de 20 000 chaque année ! Châtel-Guyon fait alors partie des toutes premières stations françaises juste derrière Vichy et Aix-les-Bains. Plus récemment, la station thermale de Châtel-Guyona accueilli dans son théâtre de grands acteurs, avec Line Renaud, Jean Rochefort, Jules Berry… ainsi que de grands chanteurs tels que Jacques Brel, Charles Aznavour Dalida… et des célébrités telles qu’Adriana Karembeu, qui a donné son nom à un spa.



Episode 5 : Les guerres des sources

François BROCARD

Alexis BARADUC
1878 est une année importante et pleine de changements pour Châtel-Guyon. Le banquier François Brocard décide de s’associer au médecin Alexis Baraduc, inspecteur des eaux et président de la Société d’Hydrologie Médicale. Ils fondent ensemble la première Société des Eaux. Leur but est simple : racheter les terrains, les sources et les établissements thermaux Brosson et Barse.


Leur motivation ne s’arrête pas là. Ils découvrent une nouvelle source baptisée Gubler, du nom d’un grand patron parisien, professeur à la faculté de médecine et ardent défenseur des stations françaises. Ce professeur préconise la prise d’eau pour lutter contre plusieurs maladies (embarras gastrique, constipation, obésité, congestions cérébrales, paralysies, maladies de la peau, rhumatismes, fièvres, diabète, etc.). Par la suite, Brocard et Baraduc expédient l’eau nommée « Châtel-Guyon-Gubler » au niveau national et international.
L’année suivante, en 1879, l’installation de la première buvette de la source Gubler voit le jour. S’ensuit la distribution de la boisson bienfaisante aux curistes, par les donneuses d’eau dans le parc grâce aux quatre buvettes : Yvonne, Deval, Marguerite et Gubler IV, rebaptisée plus tard Louise.

Source Gubler IV (puis Louise)

Source Marguerite

Source Yvonne
Image d’archive animée par Intelligence Artificielle

La Société des Eaux Minérales est rapidement victime de la concurrence. Le 24 mai 1882 est créée la Grande Compagnie Thermale des Eaux de Châtel-Guyon. Elle décide d’ouvrir en 1883, un nouvel établissement, les Thermes Henry, à l’extrémité ouest du Parc Thermal.

L’architecte choisit un revêtement bicolore faisant alterner la pierre sombre de Volvic et la pierre claire d’Estaillade. Cependant, son existence est de courte durée puisque 3 ans plus tard, en 1886, l’entreprise fait faillite et les Thermes Henry sont rachetés par François Brocard.
Image d’archive animée par Intelligence Artificielle
C’est seulement 100 ans plus tard, en 1982 que les nouveaux Thermes Henry seront reconstruits dans un tout autre design.


Dès 1882, cette même société commercialise également de l’eau en bouteille, sous une étiquette patriotique barrée en diagonale de bleu, blanc et rouge. Deux années plus tard, Francisque Lacroix découvre dans le sous-sol de son hôtel une source, qu’il nomme la Source Yvonne. Depuis, tous les moyens sont bons pour essayer de ruiner les découvreurs d’eau susceptible d’attirer la clientèle. Une vraie guerre des sources éclate à Châtel-Guyon.


En 1902, le pharmacien Gilbert Miraton découvre une nouvelle source. L’année 1907 lui est favorable car l’Académie de médecine lui accorde l’autorisation d’exploiter son eau minérale. Il décide alors de commercialiser cette eau en la vendant dans des bouteilles et lance une gamme de produits dérivés tels que pastilles de laxatives qui font sa fortune. Il décide d’utiliser d’autres formes de publicité pour faire connaître ses spécialités en allant à l’Exposition du Centre de la France à Clermont Ferrand en 1910, où il remporte un grand succès.
Cependant, ce n’est pas la seule concurrence à laquelle fait face la Société. La découverte de nouvelles sources, Germaine et Suzanne par Francisque Lacroix et Ravel perpétue la continuité de la guerre des sources. On construit une buvette profonde pour y installer le service de gargarisme. Néanmoins des sources privées comme la source Ravel, la source Mathivat et la source Rochette garderont longtemps leur indépendance. Cette guerre des sources aurait pu engendrer des désordres graves et conduire à une véritable anarchie des sources.
Episode 6 : La promotion du thermalisme

Le développement du thermalisme à Châtel-Guyon s’accompagne très tôt d’une importante politique de promotion destinée à attirer les curistes. Comme dans les grandes stations thermales françaises, la publicité devient un outil essentiel pour faire connaître les bienfaits des eaux mais aussi pour construire l’image d’une ville élégante, moderne et mondaine.
La presse constitue l’un des principaux moyens de diffusion. En 1891, le Châtel-Guyon Journal est créé pour informer les visiteurs sur la saison thermale, ses activités, spectacles, concerts… À partir de 1902, il est dirigé par Angleb, avant d’être repris en 1930 par Balme sous un nouveau titre : Châtel-Guyon Thermal. Ce dernier prend fin en 1966, après 75 ans d’existence.



La publicité thermale passe également par des affiches et des annonces dans la presse régionale et nationale. Dès la fin du XIXe siècle, Châtel-Guyon cherche à rivaliser avec les autres villes d’eaux d’Auvergne comme Royat ou Vichy. Les affiches mettent en valeur les paysages du Puy-de-Dôme, le climat réputé sain, les promenades ombragées ainsi que l’architecture monumentale des Grands thermes. Le thermalisme n’est alors plus seulement présenté comme un traitement médical, mais comme un véritable art de vivre associant santé, détente et mondanité.




Dans les années 1920, le développement du tourisme entraîne l’apparition de nouveaux supports publicitaires. Le syndicat d’initiative édite des guides touristiques destinés aux visiteurs et aux curistes. Ces brochures présentent les établissements thermaux, les hôtels, les excursions possibles dans les environs ainsi que les distractions offertes par la station. Elles participent à la diffusion d’une image moderne et attractive de Châtel-Guyon. Parallèlement se développe tout un commerce d’objets-souvenirs illustrés aux couleurs de la station thermale. Cartes postales, boîtes de confiseries, flacons, produits médicamenteux, bibelots… reprennent les vues emblématiques des Grands thermes, du casino ou des principales avenues de la ville. Ces objets constituent des supports publicitaires diffusés bien au-delà de la station elle-même.



Publicités vidéo pour les cures de Châtel-Guyon dans les années 1900 (cliquez sur la photo pour accéder à la vidéo).
Source : INA

Grâce à cette importante production publicitaire, Châtel-Guyon affirme progressivement son identité de station thermale renommée. La promotion des eaux ne repose plus uniquement sur leurs propriétés médicales, mais également sur l’image d’un lieu de villégiature élégant, animé et intégré au grand mouvement touristique de la Belle Époque puis de l’entre-deux-guerres.

Déclarée d’utilité publique en 1908, la gare de Châtel-Guyon, terminus d’un embranchement de la ligne Paris-Clermont-Ferrand, est inaugurée en 1912. Sa construction par l’architecte parisien Marius Toudoire, est la conséquence d’un projet jugé « approprié à la région desservie », mettant en œuvre les matériaux du pays (lave grise de Volvic et moellons de Bourbon-l’Archambault). Son décor architectural reflète le patrimoine régional. La corniche construite dans l’esprit des églises romanes auvergnates rappelle celle des Grands Thermes, de même que les trois grandes baies de l’entrée, véritables portes de ville à l’image des arcs de triomphe antiques




Episode 7 : 2 maires, 2 siècles, 1 objectif

Le docteur Michel Levadoux devient maire de Châtel-Guyon de 1912 à 1940 (sauf de 1919 à 1925). Il décide de se consacrer à la cité thermale. Nommé Administrateur de la Société des Eaux, dès la première année de son mandat, il fait classer Châtel-Guyon au titre de Station Hydrominérale.
La ville de Châtel-Guyon devient une station thermale florissante. En 1923, elle reçoit un don de 500.000 F (76.000 €) de la part de Punnett, un Américain ayant apprécié les bienfaits de la cure thermale. Une rue de Châtel-Guyon porte son nom.




Trois années plus tard, en 1926, le docteur Michel Levadoux décide d’approvisionner la station en eau de Volvic avec l’aide du sénateur et maire de Riom Etienne Clémentel. Ensemble ils vont concevoir un projet intercommunal, en répartissant l’eau du goulot de Volvic entre les communes voisines.
De nouveau maire à la libération en 1944, le docteur décide de racheter les sources Miraton et Saint-Han. Les cures deviennent de plus en plus accessibles au grand public et la clientèle évolue.




Le docteur Marc Gualino, maire de 1989 à 2008, réalise de nombreuses transformations de la ville, réfection du parvis des Grands thermes, rachat du parc thermal, qui devient pour la première fois propriété de la commune et obtient l’assurance du maintien d’une activité thermale.
Cependant, après une forte hausse de la fréquentation, la station thermale de Châtel-Guyon connaît un déclin. Le thermalisme n’est plus enseigné dans les facultés, la fréquentation des curistes chute et les hôtels de luxe du Parc et le Grand Hôtel sont vendus en appartements. Les efforts des médecins, la création en 1991 d’un centre de nutrition et l’installation d’un spa, ne suffisent pas à faire renaître cette station thermale.


Le docteur Gualino décide alors de lancer, avec la Faculté de Clermont-Ferrand, une étude sur les résultats de la cure dans le traitement des lombalgies afin d’obtenir l’indication « rhumatologie ». Cette étude est destinée à être présentée à la Sécurité Sociale pour que les curistes aient accès à des remboursements, espérant faire remonter la fréquentation.
Cependant, la fréquentation continue de baisser et le rachat de la Société par le groupe Partouche en 2000 ne ralentit pas cette chute. Le nombre de curistes passe de 7.600 pendant la saison 2000 à 3.300 en 2008. Les Grands thermes ferment en 2004.

Episode 8 : la renaissance du thermalisme à Châtel-Guyon
En 2008, l’élection de Frédéric Bonnichon en tant que maire de Châtel-Guyon marque un tournant. Il reprend les rênes d’une station qui connaît alors une baisse de fréquentation (3000 curistes l’année de son élection. Lors de son premier mandat, l’activité thermale reprend vie petit à petit. Le domaine thermal et les sources sont rachetés, l’étude de la rhumatologie est relancée et les cures sont remboursées par la Sécurité Sociale.


De nombreux investissements sont effectués dans les Thermes Henry, dans le Parc thermal : une piscine de boue et d’eau thermale ainsi qu’une piscine de rééducation et de mobilisation. Des ateliers santé et bien-être viennent compléter les soins thermaux, proposant aux curistes des étirements matinaux, du Yoga, de la gymnastique sensorielle, des ateliers diététiques, de la danse de salon…

Parallèlement, le projet d’embellir le Parc thermal prend forme avec la mise en place d’expositions d’artistes et d’artisans dans les boutiques des galeries fraîchement rénovées, accompagnée de l’ouverture d’un salon de thé.



S’ensuit une remontée rassurante de la fréquentation des curistes passant de 3.300 en 2008 à 5.200 en 2013. De plus, des études scientifiques montrent de façon irréfutable l’action de l’eau thermale.
2008 marque le symbole du retour d’une vie thermale active à Châtel-Guyon avec une nouvelle hausse de fréquentation.

En 2020, un tout nouvel établissement qui ouvre ses portes à Châtel-Guyon. 35 millions d’euros sont investis par France Thermes pour bâtir un nouveau centre qui remplacera l’établissement communal. L’idée du bâtiment est de rassembler en un même lieu le thermalisme médicalisé, soins de bien-être, sport et hébergement.
« Aïga Resort Thermal & Spa» accueille ses premiers curistes en août 2020. Il regroupe au sein d’un bâtiment moderne de 15 000 m2 un établissement thermal, un spa thermal, une résidence de tourisme 4 étoiles et un restaurant nutri-gastronomique. Aïga Resort incarne donc la volonté de redynamiser le thermalisme avec un établissement nouvelle génération unique en Europe, au cœur des Volcans d’Auvergne, et d’ajouter la dimension du bien-être dans les soins proposés à Châtel-Guyon en plus de l’accompagnement des malades. En 2024, le nombre de curistes est stable avec 4500 personnes ayant bénéficié des cures.


Episode 9 : Les dates et faits importants
1771 : Premier rapport officiel sur les sources de Châtel-Guyon
1817 : Construction du premier établissement thermal (à ce jour détruit)
1840 : Ouverture de l’établissement thermal de La Vernière, remplacé plus tard par les Thermes Henry
1856-1958 : Construction des Thermes Brosson
1878 : Création de la Société des Eaux Minérales de Châtel-Guyon
1879 : Installation de la première buvette de la Source Gübler (renommée ensuite Louise)
1882 : Création de la Grande Compagnie Thermale par la commune, revendue en 1886 à la Société des Eaux Minérales de Châtel-Guyon
1882-1888 : Création des Thermes Henry
1883 : Maupassant vient effectuer sa première cure, revient en 1885 et 1886 et publie Mont Oriol en 1887
1904-1906 : Construction des Grands thermes
1912 : Châtel-Guyon est déclaré station hydrominérale, avec un périmètre de protection des sources
1927-1928 : Reconstruction des Thermes Miraton
1929-1930 : Distribution de l’eau de Volvic dans toute la ville
1967 : 27 000 curistes
1982-1983 : Construction des nouveaux Thermes Henry
1991 : Ouverture de l’Institut Bien-Etre, devenu en 2011 Institut Adriana Karembeu
2004 : Fermeture des Grands Thermes
2008 : Agrément ministériel pour la rhumatologie
2009 : Rachat des équipements thermaux par la commune et regroupement des sources dans le Hall des Sources
2011 : Châtel-Guyon intègre le réseau des villes thermales européennes historiques
2026 : Sauvegarde des Grands thermes à la Mission patrimoine portée par Stéphane Bern
Conclusion et collecte de dons !
Après leur fermeture en 2004, les Grands termes sont fermés au public, à l’exception de visites spéciales, à cause de ses nombreuses dégradations. Afin de redonner vie à ce bâtiment emblématique et gorgé d’histoire, la ville de Châtel-Guyon dépose sa candidature à la Mission patrimoine portée par Stéphane Bern. Candidature retenue en avril 2026 au titre des projets emblématiques, une collecte de don est lancée pour sauver les charpentes et décors qui sont en péril. L’objectif des financements est de soutenir les travaux afin de mettre le bâtiment hors d’eau avec la démolition du toit du patio ainsi que de réfection de la toiture et de ses verrières.



Ce chantier coûteux permettrait de sauver ce magnifique bâtiment datant de 1906 et d’ouvrir plus largement les portes des Grand thermes au public, qui se limite actuellement au hall d’entrée. Enjeu patrimonial, touristique et identitaire, la sélection des Grands thermes à la Mission patrimoine constitue un levier majeur à sa visibilité et à la collecte de dons. De manière sécurisée et déductible des impôts, tout le monde peut apporter son soutien financier à ce grand projet. Les dons sont ouverts en cliquant –> page fondation-patrimoine.org – les projets emblématiques des régions 2026.
On compte sur vous, chaque don compte !
Sources : Archives municipales et départementales, association Patrimoine et Renouveau, livre « Châtel-Guyon Thermalisme et villégiature » de Pascal Piéra, édition Créer, 2012.










