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Une nouvelle voie verte reliera Châtel-Guyon à Riom dès le printemps

Une voie ferrée en pleine reconversion

Les travaux d’aménagement d’une nouvelle voie verte ont débuté sur l’ancien tracé du Thermal express, ce train qui reliait Riom à Châtel-Guyon. Peu à peu, les années passant et la végétation poussant, la mémoire d’une voie ferrée entre Riom et Châtel-Guyon s’est estompée. N’était l’ancienne gare de la Mouniaude, à l’entrée de la cité thermale, il serait même possible de ne pas soupçonner qu’il y ait pu avoir, un jour, un train reliant les deux villes. Depuis 1973, la voie qu’empruntait alors ce « Thermal express » est désaffectée. Mais les choses sont aujourd’hui sur le point de changer. Si le train a disparu, la voie est en train de revivre.

« Thermal express » ? De quoi s’agit-il ?

Il s’agit donc de rendre accessible et praticable à des piétons ou des cyclistes l’ancienne voie ferrée entre Riom et Châtel-Guyon. La première tranche de ce projet, longue de 3,5 kilomètres, représente un budget de 528.000 euros hors taxe. Les aménagements de la seconde tranche, moins d’un kilomètre de trajet, s’élèveront à 60.000 ou 80.000 euros. Le nom de « Thermal express » n’est peut-être pas définitif. C’est en tout cas sous cette dénomination que les élus et agents de RLV (Riom Limagne et volcans) parlent de ce projet actuellement. « Ce sera un peu dans le même style que la coulée verte de l’Ambène entre Enval et Riom. C’est un souhait de RLV qui entre dans le cadre de notre réflexion sur les déplacements doux », se réjouit Pierre Pécoul, maire de Riom et vice-président de RLV en charge du tourisme.

À quoi cela ressemblera-t-il ?

Il y a plusieurs années que la partie la plus au nord de cette ancienne voie ferrée a été remblayée, pour des raisons de sécurité. Le cheminement sera ainsi en partie repris, notamment aux abords du pont sur le chemin d’Espinasse. Le premier tronçon, entre le garage automobile et l’ancienne maison du garde-barrière, sera enherbé comme il l’est aujourd’hui. Mais le chemin sera matérialisé par des anciennes traverses de chemin de fer, disposées en pas japonais. Sur la portion plus au sud, en avançant vers Riom, le profil du ballast sera maintenu, afin de conserver la mémoire ferroviaire du tracé. Mais il sera recouvert d’une couche de sable stabilisé, ceci pour des questions de confort et d’entretien. À droite et à gauche sur la plus grande partie de ce chemin, les fossés maçonnés seront conservés et même mis en valeur.

À qui sont destinés ces aménagements ?

Ces aménagements étant réalisés dans l’optique de développer les transports doux, ils ne seront accessibles qu’aux piétons et aux cyclistes, pour un usage quotidien ou touristique.

Pour cette dernière option, des panneaux d’interprétation devraient être mis en place le long du parcours pour éclairer les promeneurs sur les espèces animales ou végétales susceptibles de retenir leur attention.

Quand est-ce que cela sera prêt ?

Le premier défrichage a été réalisé à la fin de l’été dernier par des entreprises d’insertion. Désormais, ce sont les travaux d’aménagement qui débutent. Fin mai, ce premier tronçon entre le garage automobile à l’entrée sud de Châtel-Guyon et la jonction avec le quartier de la chapelle Saint-Don devrait être finalisé. Les travaux reprendront à l’automne pour le dernier tronçon entre Espinasse et la rocade. En attendant son aménagement définitif, un passage sera débroussaillé pour permettre aux randonneurs d’emprunter ce trajet.

Et après ?

Une seconde phase de travaux permettra de raccorder ce Thermal express à la Coulée verte de l’Ambène par une jonction entre Enval et Mozac, au niveau du giratoire de Saint-Hippolyte. À plus long terme, ce sentier sera également relié à un autre itinéraire en cours de conception : une Coulée verte le long de la Morge.

Parenthèse historique :

Une ligne ouverte en 1912 dans l’euphorie du thermalisme

En 1912, la station thermale de Châtel-Guyon est en plein essor. C’est pour accompagner cette fréquentation grandissante que la mise en service de cette ligne de chemin de fer entre Riom et Châtel- Guyon est effectuée, en juillet 1912. La poursuite de cette ligne jusqu’à Combronde fut même un temps envisagé. Etienne Clémentel, alors député et maire de Riom, dépensa beaucoup d’énergie pour y parvenir. Mais ce projet ne vit jamais le jour. Il fut impossible avec le déclenchement des hostilités de la Première Guerre mondiale et les difficultés suivirent. Pour autant, la desserte de la ligne a été relativement variable selon les saisons et les années. Elle subit même une longue interruption pendant les années de la Seconde Guerre mondiale.

Un embranchement pour Volvic

L’exploitation ne reprend que sous la forme d’un service saisonnier de juin à septembre. Au début des années 70, la société des eaux de Volvic décide de construire une nouvelle usine. Un embranchement est construit pour desservir ces nouveaux bâtiments. Mais le déclin du thermalisme conduit à abandonner rapidement l’exploitation de cette ligne Riom-Châtel-Guyon. Les derniers passagers embarquent le 26 septembre 1971. Le dernier train, chargé de marchandises, s’arrête en gare de Châtel-Guyon le 3 avril 1972. La ligne fut ensuite très rapidement déclassée, déposée et délaissée. L’exploitation ferroviaire de cette ligne n’est pas totalement éteinte : elle demeure avec les trains de fret sur les quelques kilomètres de la portion menant en direction de Volvic et de son usine d’embouteillage.

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